mardi 6 octobre 2015

Darling Lili (Blake Edwards, 1969)

 
La seconde guerre mondiale était au centre de Qu'as-tu fait à la guerre papa ?, trois ans plus tard Blake Edwards évoque la première guerre mondiale dans Darling Lili. Le burlesque laisse place à une romance sur fond d'espionnage. Lili Smith (Julie Andrews dans son premier film de son époux) est une chanteuse à succès qui va soutenir les troupes alliées en chantant pour les soldats. Le film s'ouvre sur une chanson, « Whistling in the dark », en intégralité où le cinéaste sublime son actrice dans un long plan séquence où elle virevolte. Seules quelques lumières l'éclairent. Ce lancement apparait comme une déclaration d'amour à son épouse.

Après une alerte à la bombe qui rappelle aux soldats et spectateurs la dure réalité de la guerre, Lili entonne quelques chants anglais. Puis, l'artiste poursuit sa tournée en France où elle retrouve son immense demeure et son amant Kurt (Jeremy Kemp), qu'elle fait passer pour son oncle suisse. Elle soutient les soldats dans les hospices mais en vérité Lili Smith s'appelle Lili Schmidt est c'est une espionne à la solde du Kaiser, comme le rappelle un général allemand à Kemp qui aimerait que sa maitresse abandonne sa mission car la guerre touche à sa fin et qu'il veut surtout la garder pour lui.

Son prochain but est d'approcher un pilote américain, le major Larrabee (Rock Hudson) pour lui soutirer des renseignements. Le soldat se laisse vite séduire par la belle chanteuse avec qui il entame une liaison faite de soirées mondaines, de promenades dans la campagne française et de carresses d'alcove. Le reste du temps, Lili complote pour éviter les soupçons et Larrabee prend l'avion pour affronter le « Baron Roug », son ennemi allemand dans des scènes aériennes réalistes et filmées d'un avion. C'était une première.

Le scénario de Darling Lili est assez simple, voire simpliste suivant un leitmotiv tout simple : faites l'amour pas la guerre. Lili est censée ne pas tomber amoureuse du pilote qu'elle doit espionner, mais le charme de l'Américain agit sur elle. Rock Hudson avec ses yeux de braise est un peu à côté de la plaque, jouant comme dans un mélo des années 50. Face à la tornade de Julie Andrews, le couple qu'il doit former avec elle ne fonctionne jamais. Les scènes burlesques, comme celle dans la chambre quand sa chemise est mouillée, manquent de rythme.

De nombreux couples et duos parsèment le film. Outre Lili avec Kurt ou Larrabee (un ménage à trois), on apprend que Larrabee a une autre maîtresse, un danseuse de nu surnommée Crèpe Suzette. Duos comiques : Les deux agents secrets français loufoques et maladroits, sortes de Dupont et Dupond. Larrabee et son compère anglais T.C. qui porte une grande moustache et ne vole que soûl. Duos sinistres : Bedford et Lili, couple dans la chambre mais domestiques de Lili, complices de ses méfaits. Le général allemand et son porte flingues, âmes damnées du Kaiser.

Le film est soigné, les décors sont nombreux et fastueux, la reconstitution est souvent grandiose, mais l'ennui pointe parfois tant les scènes se répètent avec seulement quelques variations. Le film dure 2 heures et 17 minutes (pas moins) avec de nombreuses chansons romantiques d'Henry Mancini, chantée par Julie Andrews in extenso. Plus qu'un film de guerre, le sujet du film est donc la duplicité, le double et l'ambivalence, comme le sera le génial Victor Victoria, ticket gagnant du couple Blake Edwards – Julie Andrews.
















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